L'homme est un inconnu un iceberg immense
Caché dans les tréfonds d'une mer qui l'emporte
Au gré des forts courants
Il s'en va balançant sur les flots qui le portent
Le mènent vers le large dès que sa vie commence
Qui veut comprendre l'homme à part l'homme subtil
Et pour comprendre l'autre il s'est fait psychologue
A l'effet délirant
Surveille l'iceberg qui sur les vagues vogue
Veut savoir où il va veut savoir d'où vient-il?
Quand l'iceberg impassible cachant dans ses tréfonds
Les mystères des pôles pour les faire oublier
Il les fait se dissoudre
Dans l'immense océan et rend son tablier
Quand il n'y a plus rien et à l'eau se confond
L'homme est un inconnu c'est un caméléon
La couleur du moment il passe incognito
Et personne ne le voit
Quand il veut se montrer il quitte aussitôt
Son subit mimétisme il dit voici Léon
Il peut vous dire oui quand au fond il dit non
Il a ce rire mou quand le cœur n'y est pas
Mais le sourire franc
Il faut le deviner après un bon repas
Et dès qu'il est furieux c'et la balle au canon
Pour voir tout ce que cache cet iceberg flottant
Il a inventé Freud plongeur infatigable
Mais comment pénétrer
Ce bloc de glace errant en mer non navigable
Quand les courants le portent quel que soit le temps
Vers tous les inconnus quand à vouloir chercher
Ce que cache ce roc on s'y cogne en perdant
Ce qu'on voulait savoir
Et l'iceberg répond le doigt entre les dents
Ce que vous chercher sire au fond il est caché
Mais comment le cerner car cette masse immense
Dès qu'on veut y piocher pour pénétrer le cœur
Et voir ce qu'il contient
On glisse de partout aucun maître nageur
N'arrive à se fixer et reste sans défense
Car l'homme est une énigme c'est un profond mystère
Il apparaît agneau c'est le loup qui se cache
Et essaie de séduire
Montre sa patte blanche un mot dur il se fâche
Dès qu'on le reconnaît il sort le cimeterre
Il peut être multiple montrer la glace aux uns
Aux autres la douceur qui fait ses parois lisses
Et renvoyer un peu
De cette chaleur douce sans aucun bénéfice
Pour ceux qui le caressent au moment opportun
Cet iceberg fou ne montrant que sa tête
Maintenant il est là dans une heure plus loin
Et qui fait des malheurs
Parce qu'imprévisible bien tapis dans son coin
Comme cette araignée bien cachée qui vous guette
Mais il peut être doux car dès qu'on le caresse
Il nous offre cette eau qui combien désaltère
Quand la soif nous enserre
Quand boire une gorgée dans ce milieu austère
Ramène à la vie en moment de détresse
Il est comme la terre il a sa tectonique
Ses plaques s'entrechoquent ses séismes ses volcans
Qui frappent on ne sait quand
Ses montagnes et ses fleuves ses espaces vacants
Ses océans profonds plus que le Pacifique
Méandres tourmentés où les oublis se cachent
Ses plaisirs qui débordent pour emporter la terre
Quand elle a besoin d’eau
Ses éclairs imprévus où gronde le tonnerre
Ses haines au creux du lit qui creusent sans relâche
Il nous montre la rose quand l’épine fait mal
A nous de déchiffrer ce qu’il peut vouloir dire
Et veut être compris.
Pour comprendre les autres les louer les maudire
Il est centre du monde. Même étant animal
Ses instincts le conduisent dans les chemins perdus
Des remords des regrets quand la logique pure
Lui fausse compagnie
Il en fabrique d’autres dont il pense être sûres
Pour suivre des chemins aux destins éperdus
Il est comme la nuit que hantent les fantômes
Parfois la pleine lune qu’entourent les étoiles
Montre son côté franc
Quand les orages tonnent il fabrique sa toile
Et se cache invisible en milieu monochrome
Car il contient de tout l’ensemble des animaux
Se retrouve chez lui il tient du plus petit
A l’immense baleine
Il est en quelque sorte le moyen appétit
En lui tous les bonheurs mais aussi tous les maux
Le seul être vivant à pouvoir être double
Quand l’un dit de faire ça l’autre le contredit
Et la lutte commence
L’un dit maintenant l’autre pour mercredi
Quand l’un paie en dollars l’autre calcule en roubles
C’est un garçon qu’on voit une fille s’y cache
L’inverse est aussi vrai quand c’est garçon raté
Et n’est jamais content
Demande et dit encore comme un enfant gâté
Veut être satisfait ou alors il se fâche
Pour mieux tromper les autres il peut se travestir
Montrer ce qu’il n’est pas sous un autre costume
Et réussir son coup
Il passe sous la gomme les us et les coutumes
Il efface le sexe pour pouvoir investir
Il veut être au four quand il est au moulin
Il veut presser le temps l’écraser pour en faire
Un grain de liberté
Des fois il veut le perdre pour pouvoir s’en défaire
Il dort pour le passer et pour faire le malin
Il flâne il erre il tourne va et vient cherche un but
Remplit son couffin d’air qui s’échappe des trous
Puis n’ayant rien à faire
Crée l’ennui la misère la flemme le dégoût
Se casse la figure et maudit tout en brut
Il peut faire les cent pas aussi lourds que la terre
Quand il va méditant théories théorèmes
Et devenir du monde
Quand on le voit marcher on dit ça c’est la crème
L’élite le savant et le regard austère
Son temps n’est pas perdu mieux il en fait gagner
A tous les autres hommes il découvre il invente
Porte l’homme plus haut
Pour le faire sortir de la lise mouvante
Il sacrifie sa vie il faut le souligner
Quand on dit le connaître l’autre face apparaît
Il surprend il intrigue il prend à contre-pied
Ceux qui semblent connaître
L’ami l’enfant l’intime ou celui qui vous sied
Une sale habitude de lui qu’on ignorait
Il s’habille d’adjectifs du plus vil au plus beau
Il en met le costume selon les circonstances
Dont il est le seul juge
Avec des poids spéciaux qu’il met sur la balance
Il aime flatteries comme maître du Corbeau
Quand ses poches sont vides il veut avoir un sou
Dès qu’il l’a obtenu il en voudrait bien d’autres
Pour des poches insatiables
Que rien ne remplira il veut être apôtre
Quand il est homme simple et les autres en dessous
Il sacrifie sa vie pour sauver de la mort
Des hommes condamnés par le feu par les vagues
Dont la mort est certaine
Il les sauve et périt et n’aime pas les blagues
Homme modèle à fond dont il subit le sort
Il est l’autre extrême il tue par jalousie
Sème partout la mort au gré de ses caprices
Peut importe la vie
Quand elle celle des autres pourvu qu’il comble un vice
Ses désirs sont des ordres juste au bout du fusil
Mais comment le comprendre quand il a ses secrets
Qu'il ne dit à personne qu'il se cache à lui-même
De peur de les donner
Ni au premier venu ni même à ceux qu'il aime
Il les emporte alors dans ses tréfonds discrets
Quand il prend l'aller simple
Avec sa boîte noire que nul ne peut ouvrir