J'ai vu

 

 

 

J'ai été sur la lune, de là j'ai vu la terre

Et la terre tournait j'ai vu la terre entière

Une moitié dans l'ombre et l'autre à la lumière

Et dans l'ombre j'ai vu beaucoup de cimetières

J'ai vu beaucoup de feux, des hommes qui tombaient

J'ai vu de la misère, des pays qui flambaient

Le feu brûlant les hommes qu'on vendait au rabais

Et des cris et des pleurs et j'ai vu des bébés

Qui n'ont rien fait pourtant subir le feu des hommes

Leur vie ne valant rien  pour un oui on dégomme

Leur vie ne valant rien pas une modique somme

J'ai vu la terre entière n'ayant aucune norme

Sur la face éclairée j'ai des hommes rire

J'ai vu des hommes heureux vivant dans un empire

Unis pour le meilleur et ignorant le pire

Pas de lamentations et pas même un soupir

Dans cet empire heureux les enfants y jouaient

Croquant dans une vie car étant enjoués

Les jours toujours meilleurs et pièges déjoués

J'y prenais du plaisir à les voir jouer

Je voyais les deux faces l'une ignorant l'autre

L'une usée par la faim et l'autre qui se vautre

Chacun dit du prochain il n'est pas des nôtres

Les uns dans les bas fonds les autres des apôtres

La terre tournait pourtant pour les uns dans sens

Pour les autres à l'inverse les uns avaient l'encens

Les autres le dégoût les uns avaient leurs sens

Et les autres voudraient que quelqu'un le recense

Je ne voyais pas bien j'ai pris mon télescope

Pour voir un peu plus près j'ai vu des pénélopes

Sur la face éclairée l'autre le misanthrope

L'un mangeait du navet l'autre des escalopes

Je n'ai pu résister je me suis alors dit

Que je ne pouvais voir un être humain maudit

Un autre bienheureux  c'est dégoûtant pardi

Un beau bébé mourant et l'autre qui grandit

J'étais si écoeuré que j'avais décidé

Sur la lune rester seul avec mes idées

Vivre sur une terre constamment bombardée

Où sans arrêt aucun le tonnerre grondait

Alors vivre sur terre ne vaut aucune peine

Je peux boire sur la lune ma coupe qui est pleine

Je veux rester tout seul prier et dire amen

Pour ces êtres humains jetés en quarantaine

 

 

Mohamed  HAMMOUCHE
12 mai 2004

 

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