Le présent

 

 

 


On parle de présent je ne l'ai pas trouvé
La seconde qu'on vit est déjà bousculée
Par celle qui arrive et se trouve gelée
Dans un passé qui fuit et qu'on a éprouvé

Les secondes qui viennent accourent ou bien sont lentes
Des fois on les attend  elles tardent à venir
Elles vous narguent de loin et elles sont insolentes
Et on voudrait que le présent soit déjà l'avenir

La seconde qu'on vit n'est plus dès qu'on y pense
Elle est chassée par l'autre qui s'en va à son tour
Et le présent n'est plus qu'un être qui avance
Et c'est ce que je fais sans espoir de retour

Le temps est comme un train qui va sans s'arrêter
Jamais au même point à la même seconde
Il faut savoir le prendre et bien en profiter
Et vivre son présent en parcourant le monde

Pour dire que le présent existe et qu'il est là
Il faut que la seconde dure une éternité
Or dès qu'elle apparaît furtive elle s'en va
Le souvenir la prend selon sa densité

Le présent sort du temps car le présent c'est nous
Dès qu'on naît on avance on grignote les heures
On bouge on dort on vit et on fait des remous
Le temps imperturbable nous présente ses leurres

Le présent qu'est-ce que c'est sinon ce bateau lourd
Qui va vers son destin quelquefois balancé
Par une vague douce et parfois sans retour
Arrêté dans sa course par quelque vague racée

Le présent on le traîne il nous suit où qu'on soit
Il ne peut nous lâcher il nous colle à la patte
On y prend du plaisir et parfois il déçoit
Quelquefois on l'évite quelquefois on le rate

Le présent c'est douceur qu'on voudrait permanente
C'est aussi par moments cette douleur qui dure
C'est des instants moroses qui font qu'on se lamente
Des moments de peine de souffrances qu'on endure

Qu'est-ce que le présent pour un homme qui part
Qui quitte notre terre pour aller un peu loin
Et qui foule la lune juste après son départ
À la seconde même on ne l'y croirait point

Terre-lune en un clin d'oeil et l'homme se croirait
Une journée en moins c'est dimanche ici
Lui serait samedi et deux présents vivrait
Celui qu'il a vécu et celui qu'il vit aussi
Je voudrais bien savoir ce que ressentirait
Cet homme qui s'en va qui quitte notre terre
Pour aller sur la lune et qui arriverait
La seconde suivante sur le sol lunaire

Le temps n'a pas de sens c'est nous qui le sentons
Lui donnons la mesure et la longueur qu'on veut
Le temps file toujours et nous nous arrêtons
L'homme fait ce qu'il veut l'homme fait ce qu'il peut

Le présent est surtout cet être insaisissable
Dès qu'on y met la main glisse comme un poisson
Chaque instant nous fuyant car étant inlassable
En voulant l'arrêter c'est nous qui périssons
 

 

 

Mohamed  HAMMOUCHE
24 décembre 2004


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