J'ai vu fleurir l'hiver et l'été s'endormir
Sous les saules pleureurs, à l'ombre, près des sources
Où l'âme se ressource
Pour les printemps futurs bonheur en point de mire
J'ai vu tous les printemps pleurer ces fleurs qu'on
coupe
Dès que la tige sort et montre sa verdure
Et ce mal qu'on endure
Fait s'absenter l'automne surpris par l'entourloupe
Quand gémissait l'automne par manque de labours
L'été se préparait aux orages qui noient
Et aux chiens qui aboient
Pour ces douleurs nocturnes pour un compte à rebours
J'ai vu les heures se tordre et s'allonger sans cesse
Mouillées par la sueur de ces muscles qui peinent
Qui reprennent à peine
S'être arrêtés, brûlants, ignorant la paresse
Les journées infinies que le soleil brûlait
Écrasaient les nuits courtes pour limiter repos
Et l'acide en dépôt
Noyait ces muscles raides qui demandaient du lait
Et puis j'ai vu fleurir l'été l'automne l'hiver
Après mille printemps absents de nos mémoires
Cachés dans les armoires
Portes scellées à vie pour cacher les revers
Et au printemps venu l'hiver a succédé
Quand l'éclair a figé le regard espérant
Tu le cour soupirant
Brûlant la fleur qui naît par éclairs saccadés
Je vois les fleurs sourire pour toutes les saisons
Le printemps permanent est là devant la porte
Et qu'est ce qu'il apporte
Un bonheur inouï à perdre la raison
Le printemps qu'on attend viendra c'est pour bientôt
Toutes les fleurs y poussent tous les soleils y luisent
Les douleurs s'amenuisent
Et le bonheur sera comme un ivre bateau